Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a insisté, mercredi à Alger, sur la nécessité de réduire le coût de production des viandes rouges, en passant à un système de production moderne, et de développer des races locales à haut rendement pour les viandes blanches.
Présidant la cérémonie de célébration du 60e anniversaire de la création de l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA) à El Harrach, en compagnie du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, M. Oualid a précisé que l’écart de prix entre les viandes locales et importées met en évidence l’ampleur du défi lié au coût élevé de la production locale, soulignant que la hausse des prix est principalement due à l’augmentation des coûts de production.
A ce propos, il a appelé à l’adoption de solutions scientifiques innovantes, moins coûteuses et plus efficaces, ainsi qu’au renforcement des études scientifiques dans le domaine de l’alimentation du bétail, afin de réduire les coûts, préconisant la transition vers un système de production moderne fondé sur la recherche scientifique plutôt que sur des méthodes traditionnelles, tout en œuvrant au développement des races locales reconnues pour leur qualité.
Concernant la filière des viandes blanches, le ministre a estimé nécessaire de réduire la dépendance aux intrants importés de l’étranger et de développer des races locales à haut rendement.
Pour ce qui est de la filière du lait, il a fait observer que l’Algérie dépend encore de manière significative de l’importation de matériel génétique, malgré les progrès enregistrés dans les programmes d’insémination artificielle, appelant à approfondir les recherches sur les races locales à fort potentiel productif et immunitaire en vue d’accroître la production nationale.
Il a, en outre, mis en avant l’importance d’améliorer le rendement de la production de blé, à travers le développement et l’adaptation des semences aux spécificités géographiques de chaque région, le respect de l’itinéraire technique de production, ainsi que l’utilisation rationnelle des engrais.
Dans le même sillage, il a annoncé le lancement d’une opération nationale d’analyse des sols, en coordination avec le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, visant à déterminer avec précision les besoins des différentes régions et à utiliser les engrais de manière scientifique, ainsi qu’à généraliser les techniques modernes d’irrigation afin d’améliorer la productivité et de rationaliser la consommation d’eau.
Le ministre a, en outre, qualifié de “stratégique” le projet de banque de gènes, soulignant qu’il constitue un pilier fondamental de la sécurité alimentaire nationale, à travers la préservation des ressources génétiques végétales et animales, tout en annonçant son inauguration dans les plus brefs délais, accompagnée d’opérations nationales de recensement des différentes espèces.
De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a souligné que l’INRAA est un partenaire clé dans l’élaboration des politiques agricoles, relevant que le défi actuel consiste à moderniser le secteur agricole et à renforcer l’intégration entre l’agriculture et la recherche scientifique.
Cette intégration représente un choix stratégique pour bâtir une économie du savoir agricole, a-t-il précisé, évoquant le lancement de 100 projets de doctorat dans les domaines de la production végétale et animale, en sus de la formation d’ingénieurs hautement qualifiés et du renforcement de la recherche scientifique orientée vers les besoins des citoyens.
M. Baddari a fait savoir que ces efforts s’inscrivent dans le cadre du soutien à la souveraineté nationale dans le domaine alimentaire et du renforcement de la sécurité alimentaire et hydrique durable.
En marge de la rencontre, les deux ministres ont coprésidé la cérémonie de signature de deux conventions de coopération: la première entre l’INRAA et la Chambre nationale d’agriculture (CNA), et la seconde entre l’INRAA et le Centre de recherche scientifique et technique en analyses physico-chimiques (CRAPC).
Ces conventions visent à soutenir les filières agricoles, à encadrer les agriculteurs, à développer les chaînes de valeur notamment dans la filière cameline et à accompagner les incubateurs spécialisés.
Source : https://www.aps.dz/
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